Vivre avec l'ocre ferreuse !!! Vice caché ? Des recours ?   


L'ocre ferreuse, qui colonise et obstrue les drains de fondation de nombreuses maisons du Québec et pour laquelle l'émission La Facture a donné l'alerte l'automne passé, peut cesser de se développer. "Sinon, il y a moyen de la contrôler", donne espoir l'Association provinciale des constructeurs d'habitations du Québec (APCHQ).

Un conseiller en bâtiment, lié d'assez près à l'industrie de la construction, en est sûr : la bactérie, après avoir gobé tout l'oxygène des particules de fer que comprend le sol, peut stopper son activité. "Son garde-manger vide, elle regagnera, en principe, ses quartiers", se confie-t-il au Soleil sous le couvert de l'anonymat.

"Cette façon de voir les choses est opportune, bien qu'il faille la nuancer", trouve le directeur général du programme Garantie des maisons neuves de l'APCHQ, Bruno Nantel. Celui-ci fonde son point de vue sur des consultations et des études scientifiques. D'autant plus que l'ocre, au sein de l'organisme, est un grand sujet de préoccupation.

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Sur les lotissements vastes, planches et étendus, l'épuisement de la ressource ferreuse, comme réserve "alimentaire" de la bactérie, est vraisemblable. "Auquel cas, il faudra tout de même se démener contre le micro-organisme pendant quelques années, le temps qu'il n'agisse plus. Car il aura laissé dans les canalisations des boues visqueuses", précise-t-il. Il faudra donc, dans ce cas, désengorger le drain puis réhabiliter les matériaux filtrants qui reçoivent les eaux et dépôts souterrains ou de surface. "Étant entendu, qu'il en vient 40 fois plus des profondeurs que d'en haut. Hélas ! plusieurs drains sont posés directement sur le sol, sans barrage filtrant. De ce côté, ils sont donc complètement à découvert", déplore le président de Drainages de la Capitale, à Charny, Michel Lamontagne.

"En matière de drainage et d'ocre ferreuse, M. Lamontagne est un chercheur empirique noble dont les trouvailles fonctionnent et sont authentifiées par la science", déclare M. Nantel. Mais si la maison qu'on habite, continue ce dernier, s'élève au bas d'une montagne ou d'une colline qui charrie des eaux chargées de fer, qui ruissellent dans le sol, la bactérie ne baissera pas les bras. Tôt ou tard, il faudra mettre en place un système, non pour la combattre ou la contenir, mais pour la laisser passer librement par le drain, tout en lui interdisant d'adhérer à ses parois. Jusqu'à ce qu'elle soit acheminée à l'égout sanitaire public que le brassage des matières solides va racler. "Ce qui n'est pas le cas, dans les égouts pluviaux où il y a risque de colmatage par l'ocre", craint M. Lamontagne, qui n'est pas loin de penser que les pluies acides en provenance du Sud sont un vecteur de prolifération de la bactérie. "Après une pluie, en effet, on constate une augmentation du pH de l'eau. Elle devient dure. Si, dans un échantillon, on verse de l'eau de Javel, diluée avec précision, on le réduit. Et le milieu devient impropre au développement de la bactérie", explique-t-il.

Encore que d'ordinaire le pH se replie de lui-même. Mais jamais tout à fait au niveau où il était. Par conséquent, il monte toujours, mais subtilement. Renseignements : www.apchq.com

Origines

En fait, l'ocre ferreuse résulte d'une bactérie latente évoluant dans la nappe phréatique. Lorsque l'eau monte au printemps ou à la suite de précipitations abondantes, la "tête chercheuse" de la bactérie fourrage le sol en quête de fer.

Puis se développe avec voracité à la faveur de l'air du drain et de l'oxygène du fer dont elle raffole. Puis, elle dépose sa biomasse (sorte de fientes) contre la gaine en géotextile du drain ou sur le barrage en géotextile se trouvant au-dessus du gravats filtrants. Dans ce cas, le système filtrant supérieur se bouche tandis que le drain se bourre. Si les gravats sont en calcaire, elle le pulvérise en quelques années. Par ailleurs, si le drain est piqué de petits trous avec charpie interne, la bactérie s'y engage et s'accroche. "Si une entreprise de drainage le lave, elle n'arrivera pas à déloger l'ocre prisonnière de la charpie", précise Michel Lamontagne. Il faut donc préférer les drains à trous francs ou sciés, capables aussi de supporter la pression énorme des matériaux de remblayage. Autrement, il fléchira et on n'en saura rien. Si les fondations trempent dans la nappe, l'assaut de la bactérie est constant. Si elles sont à distance du plus haut niveau d'élévation de celle-ci, début mai à la suite de la fonte des neiges, la bactérie n'a aucune prise sur le drain.

C'est, entre autres, pourquoi, dans certaines rues ou certains quartiers, sur "10 maisons, il n'y en a qu'une seule d'affectée". Enfin, toute maison implantée dans un sol argileux y échappera. Car la bactérie, faute de fer, n'en mène pas large.

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