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Source: Cyberpresse - Le Soleil- Isabelle Houde
Grâce à son économie axée sur les services et son taux de chômage très bas, la
grande région de Québec serait relativement à l'abri des soubresauts de l'économie
américaine, selon certains spécialistes du marché immobilier.
«À Québec, le taux de chômage est un des plus bas au Canada», mentionne Gina
Gaudreault, directrice générale de la Chambre immobilière de Québec. «Les gens ont un
emploi, de bons salaires et ils n'ont pas peur d'investir dans une propriété.»
François Des Rosiers, professeur titulaire en gestion urbaine et immobilière à l'Université
Laval, abonde dans le même sens. «La région de Québec est moins touchée parce qu'elle
bénéficie d'une économie axée sur les services, le gouvernement, l'administration
publique et l'éducation, explique l'économiste. Ça vient tempérer les fluctuations,
contrairement à d'autres régions qui sont tributaires de l'exportation, et donc, du pouvoir
d'achat des États-Unis.»
C'est dans l'industrie du tourisme que la région de Québec pourrait ressentir des effets de
la crise financière. «Si les Américains ont peu d'argent, ils viennent moins en visite à
Québec», pense M. Des Rosiers. Nous ne sommes pas à l'abri de tout.»
Pas comme aux États-Unis
Selon les deux spécialistes du marché immobilier, il n'y aurait pas lieu à paniquer, malgré
la mise en garde de certaines sociétés de courtage et d'investissement comme Merrill
Lynch. «Je ne m'attends pas à un effondrement du marché immobilier au Québec,
soutient François Des Rosiers. Il y aura probablement un plafonnement des valeurs des
maisons et peut-être une légère baisse dans les zones périphériques, mais c'est un marché
encore très solide.»
«La crise immobilière aux États-Unis a commencé en juillet 2007 et ça n'a peu eu d'effet
sur le marché de Québec. Les prix et le nombre de maisons en vente sont même en hausse
pour l'instant», souligne Gina Gaudreault.
Elle explique ce phénomène par des différences majeures entre la gestion des
hypothèques ici et chez nos voisins américains. «Ici, il y a une couverture des risques
notamment grâce à l'assurance des prêts hypothécaires auprès de la Société canadienne
d'hypothèques et de logement», mentionne-t-elle.
«Au Québec, le refinancement hypothécaire se fait jusqu'à concurrence de 80 %, voire 95
% de la valeur de la maison, explique M. Des Rosiers. Mais il y a un suivi périodique des
prêts et les institutions financières ont un droit de regard sur l'utilisation des fonds.» Aux
États-Unis, le refinancement du prêt hypothécaire peut atteindre 110 % et l'utilisation de
cet argent n'est pas encadrée. «Ça encourage le surendettement», résume l'économiste.
La spéculation est aussi plus importante chez les Américains. «Au Québec, il y a très peu
de spéculation. On achète une propriété pour l'habiter. Ce n'est vraiment pas dans
l'optique d'investir pour ensuite revendre», souligne Gina Gaudreault.
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